La sagesse du poulpe en Corse du sud
- Allié Sylvaine
- il y a 5 jours
- 2 min de lecture
Il m'arrive de confier le petit-déjeuner de Vista Corsica à mon mari pour filer nager en eau libre. Quand je nage tôt le matin à l'Acciaro à 20 min de ma maison d'hôte près de Porto-Vecchio, l’eau est particulièrement limpide, les fonds marins de la Corse du sud sont transparents, le vent n'est souvent pas encore debout. Je crawle à l'affût de la moindre espèce et du moindre son qui stoppera net ma glisse. Ce matin-là, tapie contre un rocher, une silhouette ondoyante rompait le décor habituel : un poulpe majestueux me toisait. Récit d'une rencontre inattendue.
Une danse en apesanteur
Loin de s'enfuir quand je me suis détachée de ma bouée de signalisation pour plonger à lui, l'animal s'est déployé dans un ballet étonnant. Ses mouvements étaient fluides et défiaient les lois de la gravité, comme une chorégraphie orchestrée par les remous et le courant. Ses huit bras s'étiraient, puis se repliaient et traçaient dans l'eau des arabesques dignes d'une étoile. Le poulpe est un danseur né, il a la grâce et la maîtrise absolue de ses gestes. J'assistais à sa choré pendant que mes hôtes savouraient le petit-déjeurner en Corse du sud de Vista Corsica.
Ballet dans l'eau en Corse du sud
J'étais figée devant ce spectacle. À l'instar d'une haenyeos, j'ai repris un peu d'air et j'ai replongé dans l'eau limpide qui fait la rénomée des plages de la Corse du sud. Tout me captivait chez ce poulpe qui n'était pas si loin de la rive. La texture de sa peau, ses tentacules fines, souples sans doute très puissantes. Elles montraient des rangées de ventouses pâles qui se contractaient au rythme du souffle de la bête. Ses mouvements étaient poigne et délicatesse quand il touchait la roche. J'avais l'impression d'écouter de la musique, là; au fond de l'eau cristalline de Porto-Vecchio.
L'art du camouflage absolu
Tout à coup, je l'ai perdu de vue. Certes j'étais encore remontée à la surface pour respirer et replonger aussi vitre. C'est alors que j'ai compris : le coquin s'était fondu dans la mer avec cette capacité qu'il avait à changer sa peau de couleur, de relief passant d'un brun granitique à des nuances dorées pour épouser parfaitement la roche et les algues environnantes. Il ne s'était pas caché : il était devenu paysage, avant de s'élancer à nouveau dans le grand bleu, me laissant un souvenir gravé à jamais. Inoubliable !
Il paraît que le poulpe est toujours là. Une nageuse l'aurait croisé ! Alors si vous venez dans nôtre maison d'hôte situé près de Porto-Vecchio, je ne manquerai pas de vous indiquer sa cachette. Encore faut-il avoir un bon masque !



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