De Paris à l'île de beauté
- Allié Sylvaine
- il y a 4 jours
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 14 heures
J’étais amoureuse de Paris ! La ville faisait partie de moi, de mon rythme d'hyperactive, de mon identité. En un mot, Paris, où j'ai passé 30 années, était mon élément, Au pied du panthéon dans le 5ᵉ arrondissement de Paris où nous venions d'emménager avec mon mari, un restaurant corse avait fait son trou : le Cosi. Cet endroit tout de rouge peint deviendrait vite notre cantine pour dîner. Je choisirais d'y fêter mes 50 ans. Voilà comment l'aventure Corse a commencé 9, rue Cujas, au Cosi, entre les jardins du Luxembourg et la place de la Contrescarpe
Un anniversaire et une première graine de plantée
Nous étions presque déjà sur l'île bien qu'en plein coeur de Paris au Cosi. Olivier, le maître des lieux sut mettre le feu, à l'image du fougueux personnage qu'il est, et cette parenthèse de fête, marquait, sans que je ne le sache, un début de bascule. Au menu de ma nouvelle décennie, un chanteur corse, des beignets de courgette, du brucciu de Vallicella et des potes de toujours dont une vieille amie Corse ! C'est dans cette soirée d'allégresse que Catherine (l'amie Corse) nous invita le soir-même à venir passer quelques jours l'été suivant dans la campagne figarienne, entre mer et montagne, chez elle, en toute simplicité. Sur place, un déclic avec cette sensation étrange de vie qui bifurque. On ne veut d'abord pas voir le virage car il faut tout quitter, tout recommencer mais le fantasme s'implante avec une douce insistance dans la tête. Nous étions à l'été 2022.
Le projet du petit nid
De retour à Paris, nous avons timidement envisagé un pied-à-terre en Corse. Le fantasme poursuivait son bonhomme de chemin dans nos cerveaux. Mais très vite, une maison est apparue. Une grande maison avec trop de chambres pour deux. Elle était à l'évidence bâtie pour une chambre d’hôtes. Nous avions cependant des métiers, d'autres passions, si loin d'avoir un projet de cette originalité en tête. Vista Corsica, maison d'hôtes près de Porto-Vecchio n'était pas encore née.
La mer
J'étais nageuse de couloir en piscine à raison de 10 km par semaine. Mais, la mer, le plus beau bassin du monde, est devenue un point d’ancrage immédiat. J'ai vite voulu constituer une équipe d’eau libre, un groupe vivant, téméraire avec le goût du challenge et l'envie de se disputer la mer, sans enjeu. Un jour, je vois sortir de l’eau deux silhouettes. L'eau est à 15 degrés, elles n'ont pas de combinaison, l'hiver touche délicieusement à sa fin. Des vraies nageuses d'eau froide en plus, me dis-je. Je cours vers elles, alerte à Palombaggia, elles grelottaient évidemment ! Avant même de les saluer, j'ai l'impression de créer avec elles un lien dans l'invisible. J'étais sûre d'avoir trouvé des alliées de taille, des personnalités hors du commun. C'était inscrit sur leur peau. Mon intuition ne me trompa pas. Elles m'ont tout enseigné de la mer, de sa musique et de son silence, du nom des poissons à leur comportement. Je leur dois mon courage de nager parfois seule, à 1 km de la rive, mais jamais sans ma bouée de signalisation.

La beauté du destin
Bien plus tard, la découverte d'un détail vertigineux me déconcerta et me conforta à la fois dans cette amitié naissante entre les nageuses de Palombaggia et moi. Lorsque nous cherchions des contacts pour acheter sur l'île, Olivier du Cosi, devenu un ami, nous avait conseillé d'appeler un certain monsieur, producteur et vendeur de fromage dont la ferme bio est une institution. Ne savait-on jamais, il aurait pu avoir vent de biens à vendre… de tuyaux comme on dit. À l’époque, nous ne savions pas encore que nous allions acheter une grande maison. Deux ans passèrent entre l'échange avec cet homme de toute bienveillance et ma rencontre avec les nageuses. Au détour de conversations, j'ai relié les fils. L'une d'elle était l'épouse du berger et la vague de se boucler sur le sable.
Et moi, au milieu de tout ça
Je suis neuro-trainer. J’accompagne les gens dans leurs blessures, je les aide à récupérer d'elles, je les aide dans leur transformation intérieure, leurs changements de trajectoire, leurs réorganisations profondes. Ma propre vie m’a offert l’un des exemples les plus concrets de ce que j’enseigne : rien n’est vraiment linéaire et l'impermanence de la vie est la seule vérité.
Une chambre d’hôtes née d’un enchaînement de signes
Cette vie en Corse s’est construite à partir d’enchaînements au demeurant anodins et si profonds : un restaurant corse à Paris, un changement de décennie, une invitation à Figari, une maison, des rencontres dans la mer. Aujourd'hui, je vous accueille à Vista Corsica avec toute la dynamique et la sympathie dont je suis capable !










Commentaires